La perte de biodiversité menace l’humanité
Un peu à la manière des rapports sur le changement climatique réalisés par le GIEC , le consortium de chercheurs souhaite dégager dans l’article de Nature un consensus scientifique à partir de l’analyse de quelques 2000 papiers publiés ces 20 dernières années. À l’heure où les activités humaines détruisent des écosystèmes entiers, les chercheurs dégagent six points qui font l’unanimité dans la communauté scientifique. Une de ces affirmations importantes est que la perte de biodiversité affecte négativement le fonctionnement et la stabilité des écosystèmes. Cette perte réduit notablement l’efficacité avec laquelle les écosystèmes captent des ressources essentielles, produisent de la biomasse, décomposent et recyclent des ressources biologiques. Les chercheurs présentent par ailleurs une série de résultats émergents, qui, s’ils doivent encore être confirmés par la recherche, pourraient changer notre façon d’appréhender la biodiversité. Par exemple, les effets de la disparition d’espèces et de gènes sont plus importants lorsque l’échelle temporelle ou spatiale considérée est plus grande. Ainsi, si un nombre limité d’espèces peut constituer un petit écosystème en apparence stable sur une courte période de temps, des écosystèmes plus vastes, pris dans des conditions variant au fil du temps, ont besoin d’un plus grand nombre d’espèces pour maintenir leur fonctionnement. Autre point mis en avant par les chercheurs : les données récentes tendent à montrer que l’impact de la perte de biodiversité dans le monde est comparable à celui d’autres changements globaux comme le réchauffement climatique ou l’excès d’azote déversé par l’agriculture. L’article offre aussi une analyse nouvelle de l’impact de la perte de biodiversité sur de nombreux services écologiques dont dépend le bien-être des sociétés. Ainsi, un consensus se dégage sur le fait que la diversité en espèces et la diversité génétique au sein de celles-ci permettent d’augmenter la productivité des cultures, des pêcheries et des plantations d’arbres. En revanche, l’importance de la biodiversité semble moins claire pour d’autres services comme la pollinisation par les insectes ou la purification de l’eau dans les zones humides. Ceci constitue une invitation à approfondir les recherches sur ces aspects. L’un des buts poursuivi par les chercheurs est d’alimenter les discussions lors de la conférence internationale Rio +20, qui se tiendra en juin 2012. Ce travail servira aussi de base de travail à l’IPBES (Intergovernmental science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), l’équivalent du GIEC pour la biodiversité qui doit être mis en place cette année. De plus, en mettant en évidence les lacunes scientifiques, il pourrait servir à mettre en place des programmes de recherche visant à les combler. Enfin, il devrait aider les décideurs à mettre en place des politiques appropriées pour freiner la dramatique perte de biodiversité. Voir aussi
Biodiversity loss and its impact on humanity
Rédaction :
Equipe communication
Date de création : 26 Novembre 2012 Mise à jour : 30 Janvier 2013 Contact : |
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